Une étincelle vient de faire péter une bombe libératoire à l’intérieur de moi.
Cette explosion laisse place à une plus grande acceptation de qui je suis.
Le plus drôle c’est que ça a lieu en jetant tous les outils de développement personnel que j’utilisais jusqu’alors. Dans le but de changer ci et changer ça.

S’aimer dans toutes ses facettes. Voilà la clé. Pas juste quand tout va bien, pas juste quand je réussis quelque chose. S’aimer même quand ça foire. Même quand ce n’est pas glorieux, même quand j’en chie et que j’ai mal.
S’aimer même quand je ne dis pas ce qu’il faut. Même quand je déçois les attentes.
Combien de fois je me suis donné tort, ou combien de fois je me suis jugée de ne pas être encore là où je voulais être ?

Pendant cette longue période où j’ai voulu changer, je me suis éloignée de moi.
J’étais à la poursuite d’une « meilleure version de moi même. »

Et ça ne me semblait pas compatible avec toutes les émotions qui pouvaient me traverser !
J’ai cru qu’il fallait les supprimer pour s’améliorer et devenir cette meilleure version.
Et les outils proposés par différents courants et thérapies marchent bien.
Avec de la volonté, du contrôle et des formules magiques, on y arrive.

C’était doux, c’était confortable, je n’avais plus d’émotions fortes, mais plus de plaisirs forts non plus.

A chasser l’ombre et croire que les émotions sont des « distracteurs » de conscience, j’ai mis « en quarantaine » tout un tas d’énergies qui demandaient simplement à circuler.
On ne peut pas déblayer la vie.

Elle circule avec tellement plus d’imagination si on s’ouvre à elle,
Si on veut bien jouer avec elle entièrement.

Finalement, y a pas à changer, juste à s’ouvrir à la vie.
Oui ça peut faire mal aussi.
Mais qu’est ce qui est le plus terrible ?

Se couper d’une partie de soi et ne plus jamais souffrir ou être entier et passer par toutes sortes d’états ?

Et si on posait un regard nouveau sur les zones de turbulences ?
Au lieu de les voir comme « mauvaises » ou choses à se débarrasser… Ce n’est pas parce qu’on « souffre » qu’on est malade, ou trop sensible.
J’ai l’impression que c’est devenu une valeur ou un gage d’évolution de ne plus souffrir ?

J’essaie de me souvenir à quel moment j’ai cru que je ne devais plus souffrir…

Quand je suis devenue chamane ? « Les aidants doivent être au top ! »
Quand je suis devenue maman ? « Les parents ne doivent pas défaillir ! »

Je ne sais plus…C’est venu insidieusement…

Finalement quand j’y repense, quand je souffrais, j’étais vachement plus délurée, sauvage, libérée.
Je croquais la vie à pleines dents, j’avais plein d’aventures, je sautais dans l’inconnu à pieds joints et parfois oui je m’en prenais plein la gueule. Mais de tout !

De joie, de pleurs, de rires, de chagrins, de chutes, de coup de génie, de vents, de râteaux, la vie quoi !!!

Alors « se connaître » oui, par tous les moyens, toutes les saisons, toutes les facettes.

« Se changer » non, j’arrête. Après 19 ans de « travail sur moi », je reviens vers la bonne vielle vie, et le bon vieux jus d’une pomme qu’il n’est jamais trop tard de re-croquer.

PS: Merci Franck Lopvet d’avoir écrit ce livre « Un homme debout ». Sacré déclic.