Plongeon jour 1…

Début de l’effeuillage…Franck nous demande d’écrire un mot sur un papier, j’écris « persévérer », car de mon point de vue, mon principal « problème » est que je n’ose pas aller au bout des choses. 
Je n’ose pas « percer » alors que je sais que je le pourrais. 
« Percez et vous verrez » disaient les alchimistes !

Je reçois en échange le papier de ma voisine qui dit « déstructurer » ce qui me désarme, car je sais que j’ai besoin de plus de structure dans ma vie.

Franck est déjà « en transe » et s’amuse à lire les énergies qui s’échappent de nous. Ça fuse, ça lie, ça déstabilise. Le groupe commence à se liquéfier.

Il nous a prévenu au tout début du stage : pendant la semaine, chacun de nous va faire une crise d’égo, car vont être soulevées des parties de nous qu’on n’a pas envie de voir, car on préfère rester dans les limites de la plaque qu’on porte tous autour du cou avec les définitions de nous mêmes. 
Celles qu’on veut donner à voir au monde. 
L’envers de la médaille, reste le plus souvent bien au chaud dans l’inconscient mais se répète partout dans notre vie !

Au milieu de l’après-midi, le descellement collectif commence a me donner le tournis. Je ne sais pas si c’est d’avoir fait la route jusqu’en Suisse après une nuit presque blanche, et d’enchaîner direct avec le plongeon, mais j’ai la tête qui subitement se met à tourner. 
Et là, au milieu de sa danse analytique infernale, Franck se tourne vers moi et me demande ce que j’ai écris sur mon papier. 
-« Persévérer ».
Et qu’est-ce que t’as reçu ? 
-« Déstructurer ».
-Oui…tu es mais complètement déstructurée ! 
C’est comme si ta structure interne avait éclaté d’un coup, comme après un choc violent…Et après une pause, il reprend : Mais tu t’en sors plutôt bien… 

« En fait, tu n’as pas envie de réussir ce que tu fais pour ne pas te retrouver posée sur une cheminée comme un trophée. Tu n’as pas envie d’être la fierté de ta famille. Qu’ils ne puissent pas dire « ma fille a fait ci, ma fille a fait ça »

(Oh putain!!!)

Avec ton père, ça va ?
-Ben…(et là je sens comme une retenue, …quelque chose qui me retient, genre que je n’oserai pas dire, ou écrire…)
Ok… Quel âge il a ton père ?
-78…
Répète après moi :
– « Papa va mourir »
-« Papa va mourir »
Encore !
-« Papa va mourir ! »

Franck me demande si j’ai le tournis, je lui dit que là, précisément, oui.

« Tu t’es défoncée ?
-?? euh…Il y a longtemps…
Avec quoi ?
-De l’herbe, de l’alcool…
-Quoi d’autre ?
-Ben, j’ai essayé des trucs…
-Ouais, un petit cacheton par ci par là !
-Euh… »

Et là j’ai la honte de ma vie qui remonte à la surface. Honte de dire devant l’assemblée que je me suis droguée, honte qu’on me mette cette étiquette, d’être vue comme ça. 
Punaise je n’avais pas imaginé une seconde que ça ressortirait !!! Que ça, que je pensais réglé depuis longtemps, puisse encore se trouver dans ma structure, et que ça puisse influencer ma vie ou ma façon de…ne pas Persévérer….!!!

Le soir venu, j’ai eu envie d’envoyer un message à mon père pour lui dire que je l’aimais.