40 jours pour recréer sa vie

Jour2/40

L’insécurité financière que j’ai acceptée pour vivre dans ma vérité.

Quand je lis le titre de mon sujet d’aujourd’hui, j’ai de la gratitude envers moi même.

Le risque, quand tu choisis de vivre de ton art est que tu reçoives parfois des aides ( au logement, des allocations familiales, aides des proches) pour vivre.

Dans l’inconscient collectif, les gens qui reçoivent ces aides sont souvent vues comme des assistés, voire des sangsues de la société, en tout cas comme des paresseux qui en profitent quand d’autres se font chier à aller bosser.

Aujourd’hui j’ai envie d’ouvrir les fenêtres bien grand, et de laisser passer l’air et la clarté sur ce sujet tabou et lourd. L’insécurité financière qui est souvent associée à la vie d’artiste !

Je ne peux parler que de mon vécu personnel en toute transparence.
Oui je reçois des aides.
De la société, de ma famille.

J’ai l’ambition de vendre assez de mon Art et me passer de ces aides.

Ces aides ne sont pas des coussins moelleux sur lequel je me repose, mais une plus grande possibilité pour moi d’être authentique.
Sans ces aides, je serai peut être entrain de faire plaisir. Brosser les gens dans le sens du poil. Décorer les murs. Être dans l’air du temps. Faire des hologrammes fluos dont les séniors à fort pouvoir d’achat sont si friands, pour être modernes.

Je sais que mon art quand il est montré trouve toujours des coups de cœur.
Soit les gens adorent, soit ils détestent. Ce qui est sûr c’est que ça ne laisse pas indifférent.
Ce qui est pour moi un excellent signe. Mes pièces ne se noient pas dans une masse dite et redite.

C’est un risque que je prends. Ne pas plaire à tout le monde. Et donc accepter cette insécurité, cette indépendance profonde, existentielle par rapport au regard des autres, et à ma subsistance. Financière en conséquent.

Pour oser être le plus authentique possible.

N’est-ce pas la mission profonde de l’artiste ?
Apporter une vision du monde originale et personnelle ?

Alors oui ça peut être déconcertant, insécurisant.

Mes travaux ont évolué avec moi. Ils se sont diversifiés, ont muté parallèlement à mes mutations intérieures. Dans une profonde connexion avec ce qu’il y a de plus intime en moi : L’inconscient.
C’est ça qui m’intéresse dans l’art. Comment donner forme à ces mystérieuses parties de nous, invisibles mais tellement puissantes dans nos vies.

Et pour mener ces explorations de ma psyché, et des zones profondes humaines, j’adopte le « statut » symbolique d’une chercheuse, archéologue et créatrice.

Comment rémunérer un tel travail insoupçonné ?

Car ce travail a lieu de jour comme de nuit. Sans interruption, il est intimement mêlé à la vie.
Il la sous-tend, l’éclaire par des flashs, des intuitions et parfois des injonctions impétueuses !

Il y a les nourritures ( livres, expos, œuvres en tout genre), les recherches sur des sujets, les périodes de gestation, le glanage des matériaux, et enfin les œuvres finales, matérialisées, exposées, qui vont vivre leur vie ou rester à la maison.

A part ceux qui livrent des commandes, nombreux sont les artistes qui créent de toute façon, qu’ils soient payés ou pas. Sans savoir si leurs œuvres seront vendues.

En gros, tu investis dans ton art, tu achètes les matériaux, sans aucune garantie de rentrer dans ses frais. Mais la nécessité de créer est telle que tu le fais quand même !

C’est pour ça aussi je pense que c’est souvent considéré par un hobby pour le commun des mortels.
Qui serait assez fou pour travailler non seulement gratuitement mais en plus en dépensant son argent pour le faire ?!

Dans ce contexte, non, je ne crache pas sur les aides. J’ai beaucoup de gratitude pour elles.
Je préfère bénéficier de cet argent « non échangé contre du temps ou un service », pour libérer du temps de création.
Ce n’est pas un commerce « traditionnel ». Ou j’écoule du stock.

C’est la contribution que je veux être au monde, en apportant ma saveur personnelle, ce qui est inestimable.

La réussite commerciale d’une œuvre est si aléatoire, qu’elle est difficile à prévoir ou contrôler.

Alors quoi choisir ?