40 jours pour recréer sa vie

Aujourd’hui jour 1/40.
Le processus est lancé. Mon préavis du 16 Mars vient d’être accepté. Le 17, je serai sans adresse, mais pleine d’une liberté nouvelle.
J’ai déjà vécu ça, mais pas seule avec deux enfants avec moi.
Ce processus passe par le « démantèlement » de toute la vie matérielle construite en couple, matière hétéroclite et joyeuse qui a migré de lieux en lieux depuis 10 ans.

Chaque objet possède une histoire, un espoir, une trace de cette vie commune.
Jour après jour, ces traces se dispersent, pour faire place à plus d’espace. Les objets s’envolent, et la mémoire reste.
J’ai commencé à dire au revoir à chaque chose.
Chaque virage qui menait à l’école, chaque maison qui ponctuait le trajet. Les plages aussi, de ce coin qui m’appelait ardemment il y a 18 mois.

Finalement, c’est la vie de couple qui devait changer, peut être pas les paysages…?

Parfois, devant chaque objet de ce cocon familial, je me suis demandé quel était mon problème.
Toute l’énergie déployée pour construire tout ça, maintenant je la déconstruit, c’est absurde !
Je comprends maintenant ceux et celles qui ont du mal à quitter leur vie confortable et l’échanger contre l’inconnu total !

Oui… Sauf que dans ma structure interne, c’est le connu qui m’étouffe. Le connu répétitif me donne un goût trop sucré et gras d’ « à quoi bon ».
A quoi bon vivre dans une grande maison, dépenser tout cet argent pour la chauffer, accumuler tous ces objets et faire tous ces trajets courses-école-maison ?
Pour moi ça ne fait pas sens. La vie peut défiler comme ça à une vitesse dingue. Pour arriver à quoi ? Cette course m’angoisse. Une journée fait 1h dans cet espace-temps !

Ma vie perso est moins délayée, plus compacte, avec un immense terrain de jeux.
Un carrefour d’interactions, un feu (de joie) qui s’allume instantanément, pas un feu mouillé qui fume et doit sans cesse se rallumer.

C’est ce feu qui se rallume au fil des objets triés. Le superflu est lâché. L’essentiel reconnu redonne de l’énergie. Finalement ce sont les illusions qui sont lâchées. D’une vie qui ne me ressemblait pas.

J’ai soif d’aventures. Sinon je meurs !

L’inconnu m’excite et redonne du sens à ma vie.
La vérité refait surface. J’ai essayé de me contorsionner, de me faire rentrer dans une vie pépère, mais je n’y parviens pas, je suis pas faite pour ça.
J’ai pourtant déployé toute mon imagination pour rendre l’ordinaire extraordinaire, vivre des aventures dans un brin d’herbe, une vache qui pisse…

Mais ce qui est requis ici est sur un autre plan, beaucoup plus symbolique et affectif.
C’est enfin se séparer du couple, des affaires mélangées, de la voiture conduite ensemble, des projets avortés, des meubles choisis…
Toute l’évolution de notre vie commune de 10 ans se divise maintenant en deux branches distinctes.

Le vent est vraiment fripon. J’ai cru Lyon pour des histoires de logique et de commodités, mais c’est le Gard qui appelle mon cœur depuis le début de ce nouveau chapitre !

Là bas, j’ai laissé une partie de ma vie, avant d’entrer en couple.
C’est cette partie de moi que je vais retrouver.
J’ai hâte de la faire découvrir aux enfants. On va bien s’amuser…