40 jours pour recréer sa vie

Jour 3/40 Nettoyer/aimer son arbre.

Tiens, j’ai encore dépoussiéré mon arbre !
Avec tous ces cartons que je trie, je suis retombée sur mes archives. Dedans, mes recherches généalogiques.

L’arbre dont je fais partie et qui m’a donné tant de travail (je l’explore depuis mes 17 ans), j’y trouve encore des angles morts, des morceaux de conscience oubliés.

Je me balance de branches en branches, exhumant parfois les racines qui ont tant à me dire !

Tellement craintes par les générations passées, enrobées d’un silence de plomb, ces racines sont des trésors d’énergies stagnantes, qui ne demandent qu’à être reconnues.

C’est viscéral chez moi, si je sens une charge, un secret, un mystère, il faut que j’aille voir.
Que j’aille creuser la terre pour découvrir ce qui s’y cache.
Oui, je suis une véritable « fouille merde », une dégommeuse de couvercles, une dynamiteuse de sarcophages.
Pour que l’air puisse enfin circuler !
Je ne veux pas d’un air vicié pour mes enfants, car je suis convaincue que c’est l’arbre entier qui vit en chacun de nous. Pas juste une feuille, une branche ou un bout d’écorce !

Quand je suis allée voir de plus près, j’ai découvert des horreurs, des drames et des choses vraiment lourdes.
Sur les 3 générations au dessus de moi, 2 ont participé aux guerres. Forcément quand tu vas à la guerre, tu y vis des choses pas faciles.
Et si elles ont été enveloppées de honte, ou mises sous silence, c’est encore pire. L’inconscient est alors hanté par des fantômes.

On a tous des pendus, des noyés, des enfants morts, des mères mortes en couches accrochées aux branches de nos arbres généalogiques.

Ça a toujours été une grande libération pour moi de les découvrir. Amplifiant la joie dans ma vie.
Les racines permettent à l’arbre de se nourrir. Sans elles, il meurt. Si elles sont étouffées, il tombe malade…

Quand je me replonge dans les histoires de mes ancêtres, j’apprécie d’être ici et maintenant, avec mes enfants en bonne santé, d’avoir un toit et à manger. De ne pas attraper la tuberculose ou la grippe espagnole. Ou de ne pas recevoir une bombe sur la terre.

Et je pense à un truc tout con : sans mes césariennes d’urgence je serai moi aussi certainement morte en couches ! Et les « fruits » avec !

Mais au delà de ça, ce qui libère, c’est de faire des liens entre mes « ancêtres » et mon histoire : mes migrations si nombreuses, ce que je ressens quand je suis en couple, et plein d’autres paralèlles édifiants…

La somme de toutes ces branches passe à travers moi. Je suis une partie de ce grand Tout. Et ce grand Tout est en moi.
Finalement ce n’est pas tant le contenu des événements des générations passées qui sont importants. C’est le regard qu’on porte dessus.

Si on les ignore, on « passe son tour », et la « patate chaude » (ou froide!) aussi…
Si on les considère, déjà on accepte d’en faire partie….
Si on les écoute, déjà on n’en n’a plus peur…
Si on les ressens, on en libère la charge …
Si on les libère, on fait de la place pour ceux qui arrivent…

Imagine…Tu arrives sur terre, et la maison est « sale » avec un tas de merde accumulée sous un gros tapis.
Tu te dis « Oh, c’est dingue, ceux d’avant ont oublié de faire le ménage ! » ou alors je suis arrivée trop tôt, ou alors ils ne savaient pas que j’allais arriver !
Oh ben alors ils ne l’ont pas fait juste pour eux ?!

Et moi , qu’est ce que je fais ?
Je peste contre eux ou je fais le ménage ?
Car y en a encore d’autres qui vont arriver…